Autrice, en 2022, de Chili 1976, Manuela Martelli continue avec The Meltdown (Dégel pour son titre français) à sonder la mémoire de son pays. L'histoire se situe en 1992 : alors que ses parents participent à l'exposition universelle de Séville, où le Chili a fait convoyer un iceberg de l'Antarctique comme symbole de sa nouvelle modernité après les années de dictature, Inès, neuf ans, tente à grand-peine de tuer l'ennui dans l'hôtel de montagne familial, isolé au coeur des Andes. Circonstances dans lesquelles elle se lie d'amitié avec Hanna, une jeune skieuse allemande participant à un stage d'entraînement, elle-même ostracisée par ses coéquipiers. Le jour où cette dernière disparaît sans laisser de traces, les policiers et les grands-parents de la fillette semblent surtout pressés de classer l'affaire sans faire de vagues. Inès, de son côté, se met en tête de comprendre...
Deuxième long métrage de la réalisatrice chilienne Manuela Martelli, The Meltdown est un film en tout point fascinant. Cette histoire, la cinéaste la filme à hauteur d'enfant – épatante Maya O'Rourke, bloc de mystère et de détermination opiniâtre. –; e Elle lui confère aussi une dimension quasi-fantastique, l'enrobant d'une atmosphère étrange que renforce la musique de Maria Portugal. Pour convoquer ainsi, sous la neige cotonneuse, fantômes du passé et refoulé chiliens. Et signer, entre ombre de la dictature et poids persistant du non-dit, un thriller à bas bruit mais à haute intensité. Les brumes hivernales dissipées, reste le trouble, profond.

