"Urchin" désigne un oursin ou un galopin. Il y a un peu des deux chez Mike (Frank Dillane), jeune sans-abri toxicomane dérivant dans les rues de Londres dans l'indifférence quasi générale. Un écorché vif dont l'existence décline les motifs de la galère – baston avec un camarade d'infortune, mendicité, soupe populaire..., jusqu'à l'agression qui l'expédie pour un temps en prison. Après quoi, Mike va tenter laborieusement de s'en sortir, chemin cahoteux pavé de petits boulots et de rencontres passagères. Avec Andrea (Megan Northam) par exemple, avec qui il entame une idylle fragile vouée sans doute, comme la plupart de ses initiatives, à rester sans lendemain, le gaillard n'en finissant plus d'être rattrapé par ses démons.
Pour son passage derrière la caméra, le comédien Harris Dickinson (Triangle of Sadness, Babygirl) esquisse le portrait à vif d'un individu imprévisible et autodestructeur tanguant au bord de l'abîme. Le cinéaste embrasse ce réel précaire avec acuité et vigueur, privilégiant une mise en scène immersive et naturaliste qu'il relève d'échappées oniriques, son film s'inscrivant quelque part entre le cinéma d'Andrea Arnold et le Under the Skin de Jonathan Glazer. Consacrant la naissance d'un réalisateur plus que prometteur, Urchin révèle également en Frank Dillane un formidable acteur. À découvrir d'urgence.
